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Le blog de Jacques Le Bris

Vol au-dessus d'un nid de cocus

10 Mai 2009, 19:12pm

Publié par Blogmestre

 


En cas de doute dans cette histoire à épisodes, il faut se souvenir que c'est une histoire de fous qui se passe dans un pays imaginaire où il y avait des métiers tels que  : Vaguemestre ou Liftier. C'est dire !


Chapitre I  - Toute une histoire pour ouvrir ce conte


Le début de cette histoire se passe dans une famille qui n'avait jamais eu à pousser les portes d'une banque de peur de s'y faire pigeonner. Il faut rappeler que pour attirer les pigeons en ces lieux où on les plume sous prétexte de faire tourner l'économie ont utilise des « miroirs aux pigeons » qui sont comme ceux destinés aux alouettes mais un peu plus gros ; ils portent de jolis noms comme l'emprunt Russe, le tunnel sous la Manche, et dernièrement, MAD off.

Or, dans cette famille, son chef était vaguemestre, c'est-à-dire qu'il faisait circuler le courrier interne à un établissement. A l'air internet évidemment les robots s'en chargent, ce métier a donc disparu (on peut en retrouver l'utilité dans les grandes villes sous la forme motorisée, appelée « coursier »).

Un courrier qui intéressait tout particulièrement ses collègues de travail était celui de la paye. Une des tâches de ce Vaguemestre, choisi pour sa bonne foi vu qu'il était assermenté, consistait donc à aller chercher ladite paye en voiture à la Banque et de l'apporter à l'établissement. Evidemment, avec les 30 glorieuses, les malfrats se sont équipés eux aussi de bolides capables d'intercepter ce genre de véhicule facilement repérable car aux couleurs de l'établissement.

Il fut alors convenu que, par mesure de précaution (ce principe existait aussi dans ce pays imaginaire) il devrait être accompagné de gendarmes crédibles et donc armés ; même si le risque n'était pas grand car cela se passait à la campagne. Bref, comme ceci se produisait à peu près partout et tendit à se généraliser, on est arrivé assez vite à un point de saturation. Les gendarmes étaient transformés en convoyeurs de fonds, métiers qui n'existaient pas encore. Donc, le Gouvernement de l'époque imposa aux citoyens de ce pays imaginaire de pousser la porte de la banque et d'y ouvrir un compte en banque comme leurs patrons.

Bien entendu, il n'était pas question que ces comptes soient rémunérés étant donné les sommes ridicules (déjà) qui y seraient déposées. En contre partie, les déposants auraient la possibilité d'avoir gratuitement un chéquier.


Chapitre 2  - Les établissements bancaires grandissent


Du fait de l'afflux des nouveaux déposants et du fait du coût des terrains, ces établissements bancaires ont dû croître en hauteur. Ceci eu pour effet d'en imposer auprès des éventuels nouveaux pigeons qui pouvaient ainsi les repérer de loin. En fait, cela mettait les dirigeants de ces établissements hors de portée des projectiles  lancés pas des pigeons vindicatifs, comme autrefois en gaulle les populations se réfugiaient sur un oppidum pour se défendre de l'agressivité de populations étrangères jugées a priori hostiles.

Les tours ainsi construites furent de plus en plus hautes du fait de la concurrence et surtout pour en mettre plein la vue aux concurrents tout en essayant de leur cacher l'horizon, voire le soleil...

Du fait de l'altitude que prenaient ces établissements, on y plaça des ascenseurs et même un Bouton pour renvoyer ledit ascenseur.


Chapitre 3 - Le vertige de l'ascenseur


En prenant de la hauteur, en général cela vous donne des idées et vous ouvre des horizons nouveaux. Ainsi, les dirigeants de ces établissements se sont aperçus qu'au delà des mers il y avait des établissements de même nature et quand on y regardait de près, les salaires étaient astronomiques.

Alors certains, tout en inventant le concept de Mondialisation pour industrialiser le plumage des pigeons, ont sorti des vieux adages du type à travail égal, salaire égal. Ils eurent finalement gain de cause en obtenant des salaires tout aussi astronomiques. Pour assurer le coup, sinon le coût, ils ont chargé le mirage en faisant apparaître sur des écrans d'ordinateur de belles courbes mathématiques qui ont eu pour effet d'endormir la vigilance des pigeons. Ces courbes montraient l'augmentation de gains totalement virtuels bien qu'astronomiques.

Il est vrai que le pigeon est connu pour avoir une cervelle de moineau, alors ils auraient eu tort de ne pas en profiter. En fait, tout allait pour le mieux, tant que ce trafic ne concernait pas les gros poissons. Les salaires des dirigeants ont donc pu prendre l'ascenseur de façon vertigineuse.



Chapitre 4 - Le système se grippe


Evidemment dans ce genre de métier très pointu, il existe des menaces bien spécifiques. Ainsi survint la grippe aviaire.

Il y eut tout d'un coup moins de pigeons à plumer.

Les établissements eurent quelques difficultés. Les dirigeants mirent la pression pour garantir le côté astronomique de leurs salaires. Un opérateur de bas étage dut tenter une expérience pour s'en sortir... Ainsi au cours d'une manipulation mal assurée, de gros poissons furent pris dans le process de plumage et y perdirent quelques écailles. Certes, quelques scientifiques pourront vous dire que les écailles et les plumes se ressemblent, allez expliquer cela aux poissons habitués à nager en eaux troubles.

Aussitôt ce devint donc une affaire d'Etat. L'Etat dû renflouer ses établissements où on noyait ainsi le poisson. Il est bien entendu que ce sont donc les concitoyens, renommés contribuables pour l'occasion, qui paieront les dégâts. Le comble serait qu'on demanda à ces pigeons leur avis. Ce serait fou non ?

Pendant ce temps là, au-delà des mers dans le pays où l'arnaque est une institution, une petite révolution eut lieu : quelques escrocs furent mis sous les verrous et les salaires autrefois pris en référence furent réduits à la portion congrue...

Alors, toujours selon le même principe de l'égalité de traitement on aurait imaginé dans ce pays imaginaire que ces dirigeants aillent eux aussi directement en prison. Hé bien non ! A la surprise générale, dans cette société décidément bien étrange, il y avait des joueurs de ballon rond qui fort opportunément eux aussi avaient des salaires astronomiques. Alors, ce sont à eux qu'ils se référèrent en toute urgence, dans le but de justifier un peu plus longtemps le côté astronomique de leurs émoluments.

Cependant pour le commun des mortels, il y a quand même des années lumières entre les deux situations. Lorsque des joueurs de ballon rond officient, c'est dans un stade devant des milliers de spectateurs et parfois des millions de téléspectateurs. Ces spectateurs payent leur place et donc se montrent très exigeants quant au résultat, car ils en veulent pour leur argent. Les joueurs sont surveillés en permanence tout a long de la partie et depuis tous les angles de vue, s'ils s'aventurent à ne pas suer le burnous, ils doivent parfois faire face à la colère et même à la violence des fans déçus.

Quant aux banques, leurs comptes sont validés par des auditeurs qu'elles payent pour le faire./

Pour ce qui concerne le Banquier, quel qu'il soit on s'en moque, de plus ce n'est pas lui qui travaille et qui sue le burnous.  Il n'y a donc pas photo !

Bref, là où c'est fou, c'est que l'argument semble avoir cependant fonctionné dans ce pays imaginaire. Et les banquiers continuent à percevoir des émoluments totalement fous malgré des résultats calamiteux.



Chapitre 5 - Plus fou que ça, tu meurs


Le plus fou de cette histoire à dormir debout, c'est que le fameux Bouton placé chapitre 2 pour renvoyer l'ascenseur a cru à force de présence sur les lieux qu'il était Banquier !

A-t-il été victime du vertige ou du mal des montagnes, on se perd en conjectures ? C'est sûr, à chaque fois que l'on faisait pression sur lui, il renvoyait bien l'ascenseur. Jusqu'au jour où le service de maintenance a été alerté de quelques dysfonctionnements. Parfois on pressait le Bouton et plus rien ne se passait. Alors on le remplaça sans autre forme de procès dans un acte de maintenance tout à fait banal.

Mais dans ce pays imaginaire on peut s'attendre à tout ! La presse relata ce fait divers, y compris les journaux financiers, un vrai pays de fous, vous dis-je !


Cependant la folie quand cela vous prend, cela n'a pas de limite. Ne voilà t'y pas que ce Bouton invoquant un pacte de solidarité intergénérationnel exige son dû : une retraite astronomique et totalement irrationnelle.

Le plus fort est que sa banque le lui accorda sans, bien entendu, demander leur avis aux pigeons qui vont devoir la lui payer. Décidément une folle habitude dans ce pays qui se croyait démocratique.


Je plains ceux qui comme moi vont devoir raconter cette folle histoire à leurs enfants. J'entends d'ici : « T'es pas fou de t'être fait pigeonner comme cela. Il n'est pas question que je trime pour entretenir un vulgaire Bouton !» 

Heureusement que ceci se passe dans un pays imaginaire, je n'ai d'ailleurs qu'à me pincer pour me réveiller !



Epilogue


Si vous trouvez une logique dans cette histoire abracadabrantesque, c'est probablement pour bien faire comprendre au Bouton de remplacement qu'il n'est là, comme son prédécesseur, que pour renvoyer les ascenseurs et répondre docilement à toute  pression, même légère, du Liftier de service, et enfin qu'il sera immédiatement remplacé par le service de maintenance dès qu'il l'oubliera ! Qu'il se prenne pour le Banquier ou non.

 

Jacques Le Bris

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