Hêtre ou ne pas être ? Là est la question !
Bonjour,
Qu'il est dur de motiver notre contemporain sur l'évolution du climat !
Car en bon urbain qu'il est à 80%, s'il est capable de citer dix modèles d'automobile, il peine à donner le nom de plus de 4 arbres... Alors, lorsqu'on disserte sur le réchauffement climatique et la sècheresse, surtout par une fraiche journée d'un pluvieux printemps succédant à une saison bien enneigée en montagne, qui peut nous écouter ?
Il est à signaler cependant qu'en Midi-Pyrénées on peut quand même remplir une salle* sur le sujet, et qui plus est, un 8
avril 2009 lors de vacances scolaires, période où traditionnellement la Ville Rose devient déserte. Tout simplement parce que cette ville est la capitale de la météorologie en France, que la
concentration des scientifiques y est très importante, et ce, dans tous les domaines, et que chacun peut y observer l'évolution de la chaine pyrénéenne à l'œil nu !
Or, entre 1857 date de la première photo réalisée d'un glacier et 2007 où l'on peut constater ce qu'il en
reste, les glaciers pyrénéens ont perdu en un siècle et demi 85 % de leur surface (ne parlons pas de leur volume).
De nombreux autres facteurs montrent clairement la dérive climatique : la date des vendanges qui avance, la date des premières neiges qui recule, le bourgeonnement de plus en plus précoce des arbres, le triplement de la vitesse de grossissement du Hêtre en l'espace de 100 ans (voilà une espèce qui a su jusqu'ici profiter du réchauffement climatique)...
Aussi, les scientifiques forts des plus puissants ordinateurs du monde sont-ils en mesure de dire que le
réchauffement climatique est en cours et qu'il y aura en moyenne une élévation de température de quelques degrés sur la planète. Ceux-ci basés dans notre région
Midi-Pyrénées se sont intéressés tout particulièrement à l'élévation de la température locale qui sera précisément de 6° C en moyenne d'ici l'an 2100.
Ainsi à cette époque, la canicule de 2003 de triste mémoire sera alors considérée comme une saison fraîche.
L'atmosphère y sera suffocante en été. Or, c'est ce que nous allons laisser à nos enfants.
Voilà le progrès, nous connaissons dès aujourd'hui et très intimement les victimes futures de nos errements passés.
Alors que le citoyen moyen n'est pas encore suffisamment sensibilisé à cette dangereuse évolution, la Nature
par définition plus proche du terrain s'est elle déjà adaptée.
Revenons au Hêtre, il a déjà dû faire face à l'élévation de
1,1 °C au cours du XX° siècle en notre région. Les observateurs ont constaté, qu'il avait pris le chemin des cimes en grimpant de 150 m, poursuivit en
cela par le Chêne qui l'a délogé des altitudes inférieures.
Ce faisant, ils nous montrent tous les deux le chemin, car dans quelques années nos vacances seront complètement bouleversées. En effet, ceux d'entre nous qui le pourront, iront à la Montagne en été ne serait-ce que pour pouvoir respirer et à la plage en hiver pour se détendre.
Ainsi, certains ont déjà trouvé une solution pour recycler les canons à neige qui contribuent actuellement à soutenir l'activité touristique dans les 38 stations pyrénéennes de moins en moins pourvues en neige en hiver (excepté cette année) ; ils serviront en été à arroser les pelouses, voire de brumisateurs comme à Séville.
Pour le Météorologue Toulousain, 6° C cela parle ; car c'est aussi précisément le gradient de température correspondant à 1000 mètres d'altitude.
Revenons à notre Hêtre, pourra-t-il encore s'adapter en grimpant à nouveau ?
Hélas non ! Les montagnes ont la fâcheuse habitude d'avoir un sommet plus ou moins haut. Ainsi, sur le
versant espagnol, le Hêtre a déjà disparu...
Reste à savoir si ces Hêtres espagnols ne nous ont pas montré le triste chemin que prendra bientôt l'Humanité. Cela ne dépend que de nous !
Ce qui empêche aujourd'hui les scientifiques d'affirmer haut et fort la gravité de la situation, ce sont tout simplement les lois statistiques qu'ils utilisent en permanence. La longueur des séries de leurs observations est trop courte. Parfois, elles n'ont que 35 ans d'âge : c'est excellent pour un Armagnac, mais c'est largement insuffisant à l'échelle des phénomènes climatiques.
Par contre, chacun d'entre nous peut participer à la levée des incertitudes. En effet, pour alimenter les puissants ordinateurs, il serait intéressant de
recueillir les mesures faites de ci de là par de vieilles institutions ou des amateurs éclairés.
Alors, si vous savez, par exemple, que dans votre grenier se trouve le petit carnet de votre arrière
grand-père où il a enregistré scrupuleusement la pluviométrie de son jardin ; sachez que la météo est preneuse à condition que vous puissiez indiquer avec certitude où se trouvait
ledit jardin pour qu'elle puisse par exemple compléter ce patch-work.
Ces informations permettront aux Météorologues de renforcer leur pouvoir de persuasion auprès des Décideurs actuellement occupés à la sauvegarde d'une espèce en danger appelée : Banquiers-et-Traders.
Ainsi vos petits enfants vous en sauront gré, car malheureusement pour nos enfants le sort est déjà jeté et la situation est dores et déjà irréversible.
Cordialement
Jacques Le Bris
P. S. : Si vous voulez planter un arbre aujourd'hui, faite attention à l'essence choisie car il devra
supporter un climat fort différent de celui enduré jusqu'ici par les arbres en place actuellement aux alentours (voir cet article à propos du déplacement des cépages de vigne de 500 km vers le
nord).























