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Le blog de Jacques Le Bris

Un huis clos point net

3 Février 2010, 10:37am

Publié par Blogmestre

 

 

Bonjour,

huis-clos-2010.jpgEntre le 1° et le 5 février de cette année 2010, une expérience devait être menée par des Journalistes pour savoir s'il était possible d'être bien informé en ne comptant que sur les informations qui circulent sur Facebook et Twitter.
Pour ma part, je n'ai qu'une vision biaisée sur le problème, sachant que je ne suis pas sur Facebook.
Cependant dès que j'ai été informé de cette expérience, évidemment via Twitter, je me suis connecté à cette fréquence @HuisClosNet  qui devait nous permettre de communiquer avec ces Reclus du Périgord.

Tout en signalant qu'à mon avis cette expérience contenait en elle-même un biais, vu que c'étaient des Journalistes qui ne peuvent pas avoir a priori une opinion libre sur le sujet puisque ces deux médias comme leur nom l'indique les shuntent et nuisent à leur métier.


En simple observateur, je m'aperçois à mi parcours que cette fréquence reste désespérément muette, soit le bec fermé. Alors on peut se poser la question ont-ils les compétences réelles pour utiliser Twitter comme le commun des mortels ou sont-ils de mauvaise foi ?  Toujours est-il qu'ils ne jouent vraiment pas le jeu de la communication 2.0


Pour ma part, j'ai fait l'effort de leur fournir quelques informations via le hashtag #HuisClosNet comme par exemple celui-ci retweeté et enregistré par uppertweet:

UT JMFLB 10 02 03

Sans pour autant avoir un quelconque retour, ni l'ombre d'une question de leur part.

Cobaye-HuisClosNet-10-02.jpgMaintenant vous êtes informés sur cette expérience et vous pourrez juger par vous mêmes de la qualité et de l'objectivité de ces Journalistes [Nicolas Willems (RTBF), Anne-Paule Martin (RSR), Nour-Eddine Zidane (France Inter), Janic Tremblay (Radio Canada) et Benjamin Muller (France Info)] en lisant le compte rendu de leur expérience.

Comble de cette expérience, on aurait interdit à ces cobayes de ne pas cliquer sur les liens hypertextes, c'est vraiment une mascarade !
Bref, c'est un huis clos pas très net ! Et ce n'est pas en procédant ainsi que la confiance grandira vis à vis de cette corporation.


Très chaleureusement vôtre
Jacques Le Bris

 

 

P. S. : Quelques liens pour profiter de votre liberté de cliquer :
@JMFLB
@IndiScipl
#HuisClosNet
Et cette liste : @JMFLB/huisclos
 

 

 

Que nous disent-ils aujourd'hui sur Twitter ?


 

 

 

 

Addendum du 4 février 2010

En cherchant un peu, j'ai réussi a obtenir un contact avec eux via Twitter et pu constituer la liste huisclos ci-dessus qui vous permet de suivre leurs tweets personnels. Ils y posent souvent des questions pour avoir des compléments d'information, de la musique (au diable Hadopi !), etc.  La twittosphère répond très vite... 

La communication est donc établie et fonctionne 5/5.
Vous pouvez aussi consulter leur blog commun et visionner ce reportage.



Addendum du 5 février 2010

Au terme de cette expérience, il s'avère que ces journalistes n'ont pas su, loin s'en faut, exploiter toute la puissance de l'outil Twitter.
Car écrire qu'il faut beaucoup de temps pour s'y constituer un réseau est simplement un mensonge, puisqu'il suffit d'utiliser les deux fonctions recherches disponibles (l'un pour les gens et  et l'autre pour les thèmes choisis).
Je dirai que le réseau que l'on s'y crée est à la hauteur de sa propre motivation, à motivation faible, réseau faible, voire médiocre. et en quelques minutes pour ne pas dire quelques secondes le tour est joué.
De plus, ne pas avoir découvert en 5 jours que l'on peut en quelques minutes trouver la ou les personnes experte(s) dans un domaine ou sur un évènement quel qu'il soit, c'est soit de l'incompétence, soit de la mauvaise volonté.
Mon a priori sur cette expérience était finalement assez bien fondé.

Autre semi vérité : l'information internationale n'est pas relayée.
Chaque individu a le choix de s'informer ou non. Une fois informé, car l'information s'y trouve qu'il y ait des journalistes ou pas, cet individu ne ressent pas le besoin d'informer ses contemporrains, car ce n'est pas sa mission, sauf lorsqu'il se sent tvraiment ouché comme en cas de tensions graves. Par exemple : sur ce qui se passe en Iran, ou sur une manipulation des masses
comme dans le cas de la grippe H1N1.

Nota : J'ai envoyé des messages directs qui n'ont obtenu aucune réponse. Alors, soit ils n'ont même pas été lus ou lesdits journalistes ne savaient même pas où les trouver.
Quand on a pour ambition d'informer les autres, il faut au minimum savoir s'informer soi-même, trouver l'information et la vérifier.

Voici le compte rendu paru sur le site de la RTBF

Pendant une semaine, notre collègue Nicolas Willems et quatre journalistes des radios francophones ont vécu retirés du monde dans leur retraite périgourdine. Ni radio, ni télé, ni journaux, mais seulement un accès aux réseaux sociaux Twitter et Facebook. Une expérience inédite.

Objectif des ermites médiatiques: vérifier comment et quelle info parvient à ceux qui n'utiliseraient que ces médias pour s'informer. Et comment des journalistes peuvent les appréhender pour faire leur boulot.

Au terme de l'expérience, Nicolas Willems et ses collègues "débriefent" leur expérience au micro d'InterMédias. Premier enseignement pour Nicolas, en prenant connaissance ce vendredi des titres des journaux : ils n'étaient absolument pas au courant de certains de ceux-ci alors que d'autres leur étaient parvenus via les "fils" de leurs amis sur Twitter ou Facebook. Pour Nour-Eddinne Zidane, de France Inter, le principal enseignement est d'avoir eu le sentiment d'être situés "entre deux mondes" : "Du côté de ceux qui maîtrisent les réseaux sociaux, on étaient un peu vus comme les suppôts des grands méchants médias qui veulent discréditer tous ces nouveaux outils ; et de l'autre côté, certains journalistes des médias dits traditionnels considéraient ça comme une expérience tout à fait futile, avec ces réseaux sociaux dans lesquels on ne peut pas avoir confiance ou qui relayent des fausses rumeurs", explique-t-il. "Il a fallu un peu de temps pour expliquer aux gens qu'on n'était pas là pour démontrer quelque-chose, mais pour voir ce qui se passait sur ces réseaux concrètement, sans a priori", poursuit le journaliste français, pour qui l'expérience est à cet égard concluante.

Attente démesurée

"Huis clos sur le Net" est en tout cas une expérience qui a fait parler d'elle, non seulement dans les pays des radios partenaires mais carrément à l'échelle internationale. Peut-être ce phénomène a-t-il produit une attente démesurée ? Cela expliquerait l'agressivité de certaines remarques. Mais Nicolas Willems se félicite de l'intérêt suscité par l'opération : "J'avais un peu peur que cela reste dans le domaine purement journalistique, avec des journalistes qui se regardent le nombril. Mais pas du tout ! On sent que c'est vraiment un enjeu qui dépasse les seuls journalistes et qui intéresse les citoyens. D'où peut-être des réactions très très fortes..."

Deux mondes qui ne se comprennent pas ? C'est le constat posé par les membres de l'équipe "Huis clos". Pour les "heavy users" de Twitter, les utilisateurs avancés de ce réseaux social, les journalistes ne communiquaient pas assez sur Twitter, par exemple. Pour leur défense, ces derniers expliquent qu'ils entretenaient leur blog, communiquaient sur leurs antennes respectives... Des contraintes naturelles pour les journalistes, qui considèrent que "de l'autre côté, on ne connait pas véritablement nos métiers", mais qui reconnaissent que "par méconnaissance, certains journalistes traditionnels considèrent que ce sont juste des réseaux sociaux, ludiques, alors que ce sont des outils en plus". Un travail de "pédagogie" à réaliser, pour Nour-Eddine Zidane.

Pour Steven Jambot*, journaliste spécialisé dans les réseaux sociaux , "cette expérience est un premier pas". On y a mis des journalistes qui n'étaient pas des habitués des réseaux sociaux, ce qui leur a permis de comprendre comment ça se passe, explique-t-il. "L'intérêt", dit-il, "ce sera de les revoir dans six mois, notamment pour vérifier s'ils sont toujours utilisateurs des réseaux sociaux après une semaine d'utilisation intense."

Alerte et prise de contact

Mais certains participants à l'expérience, dont Nicolas Willems, reconnaissent avoir déjà appréhendé Twitter comme un outil à part entière de leur pratique journalistique, particulièrement comme outil d'alerte. Facebook, lui, est plus adopté comme outil de recherche de témoignage. Nicolas Willems raconte notamment comment, en signalant sur Twitter qu'ils souhaitaient entrer en relation avec un Haïtien connu pour avoir donné l'alerte sur le séisme au monde entier, le réseau s'est très vite mobilisé pour leur permettre de le retrouver.

Toute la difficulté des réseaux sociaux, c'est de parvenir à évaluer correctement la qualité des informations reçues, avoue Nicolas. Il est vrai que les "cobayes" ne s'étaient pas facilités la tâche en décidant volontairement de se couper des sources d'information principales que sont les grands médias, sur Twitter et sur Facebook. "Il faut beaucoup de temps pour se faire un bon réseau, et les informations ne viennent pas pour rien, donc aucun message n'est innocent", expose-t-il. Un constat qui s'applique toutefois  à toutes les formes de journalisme...

Les journalistes n'ont plus le monopole de l'info

Autre constat : l'affluence, selon Nicolas, de "soft news", autrement dit du people et de l'anecdotique ; mais aussi d'informations pratiques sur l'évolution des nouvelles technologies. Il faut un petit peu plus de temps, souligne Nicolas, pour accéder à l'information politique ou internationale.

Pour Janic Tremblay, de Radio Canada, il y a un impératif qui s'impose aux journalistes : ils doivent appréhender ces nouveaux médias, sous peine de voir d'autres s'en emparer à leur place. "Les médias qui occupent le terrain sont ceux qui réussissent à s'approprier les réseaux sociaux", affirme le Québécois. Nicolas Willems, lui, fait l'analogie avec le phénomène des blogs, rappelant qu'ils étaient considérés comme "n'importe quoi" à l'origine, pour finalement devenir partie intégrante des grands médias, avec une participation aujourd'hui déterminante des journalistes. Selon lui, la même évolution est en marche avec Twitter, où de plus en plus souvent les journalistes envoient des informations. Pour Janic Tremblay, le web 2.0 a marqué une évolution fondamentale pour le travail des journalistes, trop longtemps habitués à détenir le monopole de l'information, et qui doivent désormais compter ou composer avec des citoyens qui prennent eux-mêmes la parole ou participent à la création de l'information. Un indice du changement : des universités anglo-saxonnes ont déjà intégré les réseaux sociaux à leurs cours de journalisme...

Thomas Nagant


Voici le compte rendu paru sur le site deFrance Info

Pas de réflexion générale sur la presse ou sur le journalisme, ce qui serait évidemment prétentieux. Mais je peux au moins donner quelques pistes de réflexion sur les réseaux sociaux, et sur l’absence de médias "classiques".

La première est la rapidité de relais qu’offre twitter.
Twitter est en fait assez simple. Imaginez que vous assistez à un accident de voiture. Vous le racontez à cinq de vos amis. Chacun le raconte à cinq de ses amis qui eux-même le racontent à cinq de leurs amis etc. Voici exposé le principe même de twitter. En quelques secondes, vous avez la possibilité de faire passer une info d’un bout à l’autre du monde. On savait que twitter avait cette qualité, on ne mesurait pas l’ampleur du phénomène.
La seule limite est que si vous avez rêvé, et que cet accident n’a pas eu lieu, ou si vous mentez en affirmant qu’il y a eu cet accident : beaucoup de personnes vont être désinformées.

Le deuxième enseignement est que les médias traditionnels nous manquent pour comprendre et pour décrypter l’actualité qui nous parvient. Certes, on comprend qu’il y a eu un accident de voiture. Mais on ne sait pas si le conducteur avait le permis, on ne sait rien des conditions météo (verglas, neige, chaussée mouillée) ou de l’état de la voiture avant l’accident.
La presse traditionnelle, la plupart du temps, nous apporte ces infos. On a pu s’en rendre compte sur l’affaire Georges Frêche. Lorsqu’un mini-message nous apprend qu’il a eu des propos antisémites vis à vis de Laurent Fabius, si vous n’en savez pas plus, vous vous dites juste qu’il s’agit d’une personne scandaleuse sans intérêt. Si vous lisez un article du
Monde sur le sujet, vous comprenez quel est le contexte. Vous apprenez que Frêche est un provocateur, et qu’il cherche souvent la petite phrase qui va faire parler de lui.

Le troisième enseignement est la hiérarchie qui ressort de twitter. Hiérarchie évidemment différente de celle des médias classiques. Les petites polémiques franco-française ("Quoi ? Michelle Alliot-Marie et Brice Hortefeux se détestent ?") sont à la "une" de twitter, quand sur France Info ou TF1 l’on parlera bien plus de la grève SNCF**.
L’information internationale est très peu relayée sur ces réseaux. Est-ce à dire que les internautes se moquent de ce qui se passe en dehors de nos frontières ? Est-ce à dire également que pour faire de l’audience, les radios doivent parler uniquement des petites affaires franco-françaises ? Voilà au moins deux questions posées par cette expérience.

Pour ce qui est d’un enseignement clair et général, je dirais, après cinq jours "d’enfermement", que twitter/Facebook et les médias classiques ne sont pas à opposer. Ces deux réseaux sont complémentaires. En clair, l’un informe, l’autre relaye.

Benjamin Muller

Retour sur le blog de Huis clos sur net


@+
JLB

* Steven Jambot est un journaliste plein d'avenir, il fait partie des personnes que j'ai eu le plaisir de rencontrer et d'apprécier IRL (in real life).

** c'est justement ce que l'on reproche à France Info

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