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Le blog de Jacques Le Bris

La crise des Uns fait-elle le bonheur des Autres ?

22 Avril 2009, 08:57am

Publié par Blogmestre

Bonjour,


Le 21 avril 2009, j'avais la chance de rencontrer un des Professeurs d'économie de l'Ecole de Toulouse reconnue par son sérieux dans le Monde entier.

Je n'ai donc pas raté l'occasion d'aller à son contact lors du 6 à 8 de la Finance organisé par la Chambre de Commerce et d'Industrie de Toulouse qui rassemblait une délégation du personnel de la Banque de France et où il est intervenu sur le thème qui m'intéresse au plus haut point :  « La crise financière : qui est responsable ? Que faire pour l'avenir ? »

Je passerai rapidement sur le message destiné à tranquilliser ce parterre très particulier précisant que la crise dite des « Subprimes » était terminée. A mon avis, les effets de la crise perçus par le personnel de la Banque de France ont été caractérisés par l'emploi un peu plus fréquent que d'habitude de l'encre rouge, sans plus.


Ce Professeur regrette de ne point avoir été écouté. Or, tout au long de sa carrière, il a constamment prévenu ses élèves : les modèles mathématiques qu'il leur présentait étaient des tentatives de représentation du réel et non pas le réel lui-même.

Alors lorsque dans des colloques internationaux, il a vu apparaître des modèles mathématiques d'une complexité supérieure et que plus personne maîtrisait, y compris leurs auteurs eux-mêmes, il s'est montré fort inquiet de la suite probable. Les Patrons des grandes banques aussi, mais tant que la musique joue, il faut danser... Concurrence oblige !


Un graphique très intéressant a bien montré les 2 phases de la crise Financière* :

  • La première a été déclenchée en août 2007. Les Américains incriminent la BNP d'avoir à l'époque sifflé l'arrêt du jeu à la con qui avait lieu jusque là et qui consistait à financer le long terme par le très court terme avec un effet de levier allant jusqu'à 50 sans se préoccuper des conséquences.
  • La deuxième en octobre 2008 où la crise de confiance entre banque s'est mondialisée et a changé d'échelle aboutissant à un gel total des crédits interbancaires.

Pour mémoire, ces évènements apparaissent dans ce document récapitulatif fort intéressant lui aussi.


Nous connaissons la suite, nos gouvernements ont banqué des Milliards, alors qu'il n'y en avait plus dans les caisses pour financer : la santé, le logement, la recherche, la faim, l'eau potable, etc.

Si vous vous posez encore la question du qui paiera ? La réponse est claire et simple, c'est exactement la même réponse que celle concernant la pollution : c'est vous, vos enfants et éventuellement vos petits enfants (et certainement pas les Banquiers).


Par miracle donc, on a trouvé des Milliards par milliers pour sauver les Banquiers. Ceux-ci sont ainsi toujours encouragés à prendre des risques d'autant plus énormes que, s'ils se présentent, ce sont les Etats qui seront appelés à la rescousse. Tous les Français ont encore en mémoire le cas Kerviel qui est, non pas extraordinaire, mais typique d'une pratique généralisée.

Or, un Etat, s'il peut être déclaré en faillite, ne meurt jamais. Il peut renégocier sa dette contrairement à nous simples contribuables. En général, 2 ans après "la faillite" d'un Etat, tout le monde a oublié : voir les cas récents de l'Argentine, du Mexique, etc.


Il a été alors confirmé que le G20 n'a rien changé à la donne comme je l'ai moi-même ressenti et exprimé dans ce billet. Ainsi tous les éléments qui ont conduit à cette Crise financière sont encore en place et ils recréeront immanquablement la prochaine d'ici quelques années ou quelques mois. Un Trader (celui qui ne meurt jamais) nous a bien expliqué que l'industrie financière vit de bulles suivies de Krachs, comme celle de l'armement vit de tensions suivies de guerres...


Quant aux solutions pour préserver l'avenir, inutile même d'en parler ici car le G20 a donné unanimement le ton, c'est le chacun pour soi qui prime. Il n'y a pas d'instance mondiale apte à contrôler les applications des éventuelles règles qui pourraient être émises.

Vous comprenez, Gordon Brown ne pouvait pas aller à l'encontre des intérêts immédiats de la Grande Bretagne. Quant à Obama, il n'a fait qu'acte de présence et, pour sa première sortie, a satisfait le côté people tant recherché par les journalistes. De plus, la SEC, organisme sensé contrôler les agissements de Wall Street, se trouve à 600 km de distance !


Pour ce qui nous concerne, nous n'avons plus qu'à croiser les doigts, fermer les yeux et serrer les fesses en espérant que le LEAP se soit pour une fois trompé, car ce n'est pas l'uro qui nous protégera, si le dollar U$ et la £ivre s'effondrent brutalement.


Le sujet traité concernait les 750 premiers Milliards à trouver pour régler la crise. Or, le FMI passe déjà à la prochaine étape et on parle maintenant de 4 000 Milliards à devoir trouver...

Bonjour les dégâts ! Les Banquiers se frottent déjà les mains.


Ah ! Si j'avais de l'argent à investir, ce serait bien dans la fabrication de l'encre rouge.


Cordialement

Jacques Le Bris


* Je précise que le sujet traité était la crise financière ; la crise économique qui concerne le Français moyen est une autre histoire. Qui se plaignait de la trop grande financiarisation de l'économie ?

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